Un enfant qui a été maltraité va-t-il répéter plus tard ce qu’il a vécu ?
Un enfant maltraité ne va pas nécessairement répéter les violences qu’il a vécues.
Ce qui fait qu'on va répéter la maltraitance est un processus psychologique complexe, assez rare.
L'enfant victime de maltraitance dans son enfance peut avoir besoin de répéter malgré lui les violences pour se "décharger" de celles qu'il a subies.
L'enfant peut également répéter les violences en s’exposant à de nouvelles violences, dans des conduites à risque.
Dans la majorité des cas, cette répétition est évitée. Dans son environnement, l’enfant trouvera des personnes qui participeront à son épanouissement ou fera plus tard des rencontres l’aidant à comprendre ce qu’il a vécu et à construire des relations différentes de celles qu’il a connues. Il s’appuiera sur les éléments protecteurs autour de lui pour créer ses propres repères.
Il peut être important également de proposer à l'enfant un espace où il pourra se reconstruire, par exemple une prise en charge thérapeutique avec un psychologue.
Y a-t-il des conditions de la maltraitance ?
La maltraitance peut toucher tous les milieux sociaux et professionnels, des plus précaires aux plus aisés et éduqués, quelle que soit leur région d’habitation. Les non-dits, les secrets et les violences peuvent exister dans toutes les familles.
Comment est-il possible que des parents maltraitent leurs enfants ?
Les parents doivent assurer la protection de leurs enfants et il paraît inconcevable qu’ils puissent être maltraitants.
Devenir parent ne va pas de soi, c’est un processus vécu différemment par chacun en fonction de son âge, de son histoire et de son entourage.
Élever un enfant signifie faire de la place aux besoins d’un autre être dont l’ épanouissement dépend de soi, alors que jusqu’ici le parent n'avait à se préoccuper que de ses propres besoins. Certains parents vont être débordés par ce qu'exige l'éducation d'un enfant, car ils sont trop fragiles ou dépassés par une situation qu'ils traversent pour être suffisamment disponible pour s’en occuper. Ils peuvent alors devenir violents car les besoins de leur enfant leur sont insupportables.
Dans d’autres cas, l’enfant sera mis par l’adulte à une place qui n’est pas la sienne et devra combler des dysfonctionnements familiaux. Les secrets dans les familles font quelquefois durer ces situations pendant plusieurs générations.
Dans d'autres cas encore, c'est la pathologie d'un des parents qui fait qu'il abuse de son enfant.
En fonction des situations, un soutien à la parentalité peut être proposé en laissant l’enfant à son domicile ou alors, lorsque l’enfant est éloigné du milieu familial pour en être protégé, un travail centré sur la relation entre l’enfant et sa famille peut être poursuivi.
La pédophilie est-elle une maladie ?
La pédophilie est définie comme l’attirance sexuelle d’un adulte pour un enfant. Il s’agit donc d’un trouble grave non seulement de la sexualité mais aussi de la personnalité. La pédophilie est considérée comme une pathologie psychiatrique dans les classifications des maladies mentales.
Dans son désir d’avoir des activités sexuelles avec un enfant, le pédophile nie la différence des générations et l’immaturité psychique et sexuelle de l’enfant. Il impose ainsi son désir à quelqu’un qui n’est pas en âge d’y consentir. Il le traite comme un objet et non comme un sujet à part entière.
Il existe plusieurs formes de personnalités pathologiques dans la pédophilie et les troubles psychiques s’accompagnent parfois de dérèglements biologiques. La pédophilie n’est pas héréditaire, elle n’est pas indissociable de la personne et des soins doivent être proposés. Elle résulte souvent de difficultés rencontrées par l’individu dans la construction de sa personnalité et dans son rapport au monde.
Ce n'est pas parce qu'un enfant a été abusé dans son enfance qu'il va devenir pédophile.
Est-il possible de dépasser la maltraitance vécue et de ne plus en souffrir ?
Bien sûr que oui !
Nous ne sommes pas condamnés à souffrir !
Même si le souvenir des situations de maltraitance vécues enfant ne s'effacent jamais totalement de la mémoire de la personne, il est possible que la souffrance passée disparaisse.
Cela peut arriver grâce à une prise en charge thérapeutique avec un psychologue mais aussi grâce à la vie et les belles rencontres et expériences vécues.
La durée d'une thérapie dépend du type de souffrance rencontrée, de l'âge et de la situation de la personne, mais nul besoin d'attendre longtemps pour aller mieux !
Que peut m’apporter une procédure judiciaire sur le plan psychique ?
Il est souvent dit à une personne qui a été victime de maltraitance dans son enfance que la procédure judiciaire va l'aider à se reconstruire.
Malheureusement, il n'y a aucune garantie que la plainte que la personne va déposer aura une suite, que si un jugement est prononcé qu'il sanctionne l'auteur des faits.
Et heureusement, il n'est pas obligatoire d'avoir déposé plainte ou que l'affaire ait été jugée pour se reconstruire !
La thérapie peut commencer avec un psychologue à tout moment de la procédure et qu'elle que soit son issue.
Aussi, l'Enfant Bleu vous conseille de vous faire accompagner si vous souhaiter porter plainte. En effet, la procédure est susceptible de réactiver des pensées et des ressentis liés à la situation de maltraitance et peut ainsi fragiliser la personne, de surcroît si elle n’aboutit pas en faveur de la victime.
Il est important que la victime ait un soutien dans son entourage ou auprès de professionnels afin de l’accompagner dans cette période qui peut être parfois très longue.
Il est indiqué de se renseigner auprès d’un juriste pour obtenir des informations concrètes et des éléments de compréhension sur le déroulement d’une procédure et ce que la personne peut en attendre au regard de sa situation particulière.
Un entretien avec un psychologue ou un psychiatre est conseillé pour que la personne puisse s’exprimer et prendre du recul sur sa situation et ce qui motive sa démarche.
À quoi sert une thérapie quand on a vécu des maltraitances dans l’enfance ?
Une psychothérapie sert à aller mieux !
Elle consiste, grâce à la parole, et à la réalité de la personne, à agir sur nos manières de fonctionner pour les modifier favorablement.
Elle permet de rendre harmonieuse notre capacité à vivre (à travailler, s'insérer, évoluer, aimer etc...).
Quand une personne fait des cauchemars, n'a plus le goût à rien, est mal parce qu'elle angoisse, qu'elle a tout le temps envie de pleurer, tout ça lui pèse et ne lui donne pas envie de vivre.
La thérapie aide à soulager la souffrance en baissant le niveau des émotions devenues trop envahissantes.
Elle peut se pratiquer en individuel ou en groupe.
C'est un travail actif qui demande de l'implication.
N'hésitez pas à contacter nos deux psychologues pour en savoir plus.
Comment se déroule une thérapie à l’Enfant Bleu ?
L’association l’Enfant Bleu propose des thérapies aux enfants maltraités et aux adultes victimes de maltraitances dans leur enfance.
Un premier entretien permet de comprendre la demande de l'enfant, de l'adulte qui l'accompagne et ainsi de proposer la prise en charge thérapeutique la plus adaptée. Si un travail thérapeutique s’engage, le rythme des séances est le plus souvent hebdomadaire et la durée de la thérapie varie en fonction des personnes.
Les adultes victimes de maltraitance dans leur enfance prennent directement rendez-vous auprès de l’association, tandis que les enfants sont accompagnés dans cette démarche par un représentant légal. Les thérapies sont prises en charge financièrement par l’association l’Enfant Bleu – Enfance Maltraitée.
Où puis-je obtenir des renseignements juridiques ?
Vous pouvez tout d’abord prendre contact avec l’association l’Enfant Bleu - Enfance Maltraitée.
Vous pouvez également obtenir des renseignements auprès d’autres professionnels :
l’association d’aide aux victimes du Tribunal de Grande Instance,
le 119,
la Maison de la Justice et du Droit la plus proche de chez vous,
un avocat.
Il existe des consultations gratuites d’avocats. Vous pouvez vous renseigner auprès de votre mairie et/ ou du Tribunal de Grande Instance dont vous dépendez afin de connaître les jours et horaires de permanence.
Je n’ai pas les moyens de régler les honoraires d’un avocat. Que puis-je faire ?
Vous avez peut-être droit à l’aide juridictionnelle. Elle est le plus souvent soumise à condition de ressources. Il s’agit de la prise en charge des frais de justice et d’avocat par l’Etat, partiellement ou totalement. Vous pouvez retirer un dossier d’aide juridictionnelle auprès de votre mairie, d’un Tribunal de Grande Instance ou bien encore le télécharger sur le site du ministère de la Justice.
Vous pouvez également vous renseigner auprès de votre compagnie d’assurance afin de savoir si vous bénéficiez d’une assistance juridique.
Quelle est la durée d’une procédure ?
La durée d’une procédure n’est pas fixée par la loi. Cela dépend de nombreux paramètres, notamment du niveau de complexité de la situation et de l’éventuelle nécessité pour le juge d’ ordonner une mesure d’évaluation (enquête sociale, expertises…). Hormis la procédure en référé, qui est une procédure accélérée en matière civile lorsque cela est justifié, une procédure parvient rarement à son terme avant plusieurs mois voire plusieurs années en matière pénale (après un dépôt de plainte).
Est-ce que je peux encore déposer plainte contre mon agresseur ?
Une victime a un certain délai pour agir en justice : il s’agit du délai de prescription. Au-delà de ce délai, son action n’est plus recevable et ne peut aboutir : l’auteur ne peut pas être poursuivi et condamné.
Le législateur dans les années 1980 a pris conscience de l’ extrême difficulté pour les enfants d’évoquer les maltraitances qu’ils ont subies et de la nécessité de leur accorder un délai supplémentaire.
Plusieurs lois sont intervenues pour reporter le point de départ du délai à la majorité de l’enfant puis pour le modifier. Aujourd’hui, et depuis une loi de 2004, le délai de prescription est de 20 ans après la majorité en matière criminelle ainsi que pour certains délits et est de 10 ans en matière délictuelle. Cela a crée un système complexe puisque les nouvelles lois ne s’appliquent pas aux situations déjà prescrites lors de leur entrée en vigueur, on dit qu’elles ne sont pas rétroactives. Seules certaines victimes peuvent en bénéficier, en fonction de leur date de naissance, de la date des faits, des liens avec l’auteur des faits (ascendant par exemple).
Nous vous conseillons donc de contacter des professionnels (avocats, associations…) afin qu’ils puissent vous indiquer si vous pouvez engager une procédure judiciaire.
Même s’il y a prescription pénale, vous pouvez alerter le procureur de la République sur les faits que vous avez vécus. En effet, il pourra décider d’ouvrir tout de même une enquête, notamment s’il est envisageable d’identifier d’autres victimes.